• Visite Classe 1900 - St-Girons
  • Visite Église Luzenac de Moulis
  • Visite chez les artistes - St-Girons
  • Marbre d'Aubert
  • Visite des savoir-faire
   
   

Elisabeth Lafitte colporteuse à Orgibet Au milieu du XIXe siècle, la pauvreté dans nos villages du haut Couserans est telle que les agriculteurs des contreforts pyrénéens vont émigrer durant la saison hivernale, pour essayer sinon de faire fortune au moins d’apporter de quoi subsister à la famille restée au village.. 
Ils seront agriculteurs une partie de l’année et commerçants le reste du temps.
Ce sont les colporteurs, transportant leurs marchandises sur le dos dans leur caisse en bois : la marmotte ou marmotte caïchet qui pesait pour un homme 25 à 30 kilos, pour une femme 8 à 10 kilos.

Cette émigration existait depuis le Moyen-âge. Les hommes du haut Couserans ont franchi durant des siècles les ports d’Aula et de Salau pour louer leurs bras en Catalogne, Cerdagne ou Andorre…mais les guerres carlistes d’Espagne dans cette deuxième partie du siècle ne facilitaient pas le passage de la frontière.

Une des principales raisons de cette émigration, fut la misère qui frappait particulièrement le Couserans en ce milieu du XIXe siècle.
Vint ensuite le cholera dans les années 1853, 54, 55. Il fut responsable de 4004 décès dans le Couserans.
Il y eut aussi les lois de succession datant de 1804 : celui qui succédait au père, en général le fils aîné devait indemniser les frères et sœurs. Malheureusement l’argent manquait cruellement, les fermes n’avaient aucune liquidité, d’où l’obligation de trouver de l’argent.
La surpopulation dans les villages entraîna une situation sociale en difficulté avec une industrie insuffisante et une agriculture qui ne pouvait nourrir la population trop nombreuse.
En 1850, Massat comptait 7180 habitants, Ustou 3358 et Couflens 1253.
A cette pénurie, s’ajouta, au milieu du siècle, la maladie de la pomme de terre et le philoxera.

A cause de cette misère et de cette population trop nombreuse qui a besoin de travail et qui ne pouvait trouver dans le sol du pays suffisamment de nourriture pour survivre, tout simplement, les hommes de chez nous partirent faire un commerce assez considérable de bestiaux, et de laine avec l’Espagne ou s’expatrier dans le monde entier, en suivant l’exemple des  montreurs d’ours de la vallée du Garbet et colporter des objets hétéroclites: peignes, cierges, missels, lunettes, montres, papiers à cigarettes, petite orfèvrerie… boutons de jais et médailles de Lourdes.
La vente de ses objets apportera une somme non négligeable pour la survie de nos villages. On ne comptait pas moins de 200 colporteurs dans la vallée du haut-Salat.

Les colporteurs ont parcouru le monde en tout sens : pays d’Europe, d’Afrique, pays des Amériques pour les plus courageux où ils ont écrit une page de l’histoire locale de notre Couserans.
Tous n’ont pas fait fortune, certains ont assuré, tant bien que mal, la subsistance de leur famille, quelques uns, revenus dans leur village après de nombreuses années de colportage, sont devenus des bourgeois achetant maisons et terrains.
Une partie d’entre eux a fait souche dans ces nouveaux pays et leur descendance représente la colonie ariègeoise avec, au fond du cœur, la nostalgie de notre Couserans.

Dante Boldarino

Diaporama :

 




boutique des colporteurs soueix roaglleDécouvrez la boutique des Colporteurs à Seix

La Maison Souquet abrite une ancienne boutique à vocation multiple : épicerie, quincaillerie, mercerie, bijouterie et objets de piété, qui servait également de lieu d’approvisionnement pour les colporteurs..