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Le prothée - CNRS de MoulisLe laboratoire de Moulis est née de réflexions entre les deux guerres sur l’opportunité de créer en France une structure de recherche traitant du domaine souterrain sous l’impulsion de grands personnages : Racovitza, Jeannel, Trombe et Gèze.
Une première étape a consisté à la mise en place en 1945 d’une commission de spéléologie au sein du CNRS. La deuxième étape est due au professeur Jeannel, qui proche du milieu académique permit la création officielle en début de l’année 1948 du Laboratoire souterrain.

 Pourquoi Moulis ? L’initiative étant la biologie, c’est la richesse des Pyrénées en faune dite alors cavernicole, l’existence d’une grotte aménageable proche d’une ville (Saint-Girons) et pas trop loin d’un campus universitaire (Toulouse) qui est à l’origine de ce choix. Sous l’autorité et l’impulsion du premier directeur, le professeur A. Vandel, membre de l’Institut, se mettait en place à partir de 1950 cet outil incomparable, envié par le monde entier, en raison de ses objectifs, de ses moyens, des possibilités expérimentales avec notamment l’aménagement d’une grotte-laboratoire. Le 26 juin 1954 le Laboratoire était officiellement inauguré.

Durant ses 50 ans d’activité en tant que laboratoire souterrain ont été étudiés sur ce site les problèmes majeurs ayant trait à ce milieu si particulier, si énigmatique et si riche. En biologie, les recherches ont porté sur la systématique, le développement, les questions d’adaptation, l’écophysiologie et la synécologie. En physique du milieu, ont été abordé la spéléogenèse, l’étude des remplissages et le concrétionnement en grotte, véritable archive des événements du passé, l’hydrogéologie karstique, l’étude de l’environnement souterrain pour la sauvegarde des œuvres pariétales préhistoriques et la conservation des grottes aménagées. Le site abrite de toujours une station de surveillance géophysique de l’Observatoire Midi-Pyrénées de Toulouse.

De grands noms ayant marqué l’écologie souterraine sont passés à Moulis : Margalef, Dobzhansky, Mayr, Kimura, Teilhard de Chardin….et bien d’autres.
Le « Laboratoire Souterrain », est devenue au 1er janvier 2007 une unité de service et de recherche (USR) dédiée à l’écologie, et a pris alors le nom de « Station d’Ecologie Expérimentale du CNRS à Moulis »: SEEM.
Dirigée depuis cette reconversion par Jean Clobert, elle accueille actuellement une équipe de 30 chercheurs, techniciens et administratifs, et autant d’étudiants, en pointe sur les recherches en Ecologie évolutive, et se développe autour d’un ensemble d’infrastructures et d’équipements qui en font une plateforme de recherche et de formation dédiée à l’écologie tout à fait particulière.

La vocation de cette plateforme est :
- d’affiner les modèles théoriques actuellement élaborés pour décrire le fonctionnement des systèmes écologiques,
- d’en tirer des conclusions en terme de conséquences des altérations environnementales majeures dues à la modification des habitats naturels et aux changements climatiques.

Dans ce cadre, SEEM accueillera notamment cette année le nouveau Centre de Théorisation et de Modélisation de la Biodiversité, dont les objectifs sont d’élaborer des théories unificatrices et des modèles prédictifs.
Mais l’ambition de la Station ne s’arrête pas là : à terme, cette plateforme écotronique devrait s’orienter vers une gestion éclairée du territoire afin de mettre en place un outil d’aide à la décision pour les acteurs locaux, accessible à distance et intégrant les éléments socio-économiques.


Alain Mangin
Ancien directeur du CNRS