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Reconstitution charbonnières - Film La Guerre des DemoisellesUne jacquerie à visage couvert :
En parcourant les vallées, vous pourrez si vous savez vous en donner le temps, humer et vous imprégner de l’histoire de ce petit pays de caractère. Une histoire faite sans doute de douceur de vivre, mais aussi de résistance et de lutte âpre pour survivre dans un environnement qui peut être rude et ingrat, sans compter les agressions animales ou humaines, indigènes ou extérieures. Ici plus qu’ailleurs, la vie a souvent été un combat et le caractère bien trempé des hommes et des femmes de ce pays leur a permis de s’en sortir.

Des femmes d’abord, qui, et c’est une spécificité de certains pays, ont été souvent amené à prendre seules en main, les destinées de leur ménage et foyer pendant que leur homme partait comme colporteur ou saisonnier, gagner ailleurs le complément de pitance qui faisait défaut à la maison.
Mais ce sont bien des hommes déguisés en femmes, qui, à la moitié du XIXème siècle, se sont révoltés contre les maîtres de forges, charbonniers à la solde des grands propriétaires, gendarmes et autres gardes forestiers pour s’opposer au nouveau code forestier qui taillait en pièces les quelques rares petits avantages qui leur permettaient de survivre. C’est ce qu’on a appelé « la Guerre des Demoiselles ». Une sorte de jacquerie née dans la vallée de la Bellongue, fin mai 1829, qui s’étendra ensuite au Castillonnais, à la vallée de Massat avant de se généraliser à toute l’Ariège et de mordre sur le Comminges haut-garonnais. Il s’agissait de défendre l’usage des forêts avec le ramassage du bois, les coupes pour se chauffer, le pâturage des animaux, les droits de cueillette, de marronnage (exploitation du bois pour la construction), de chasse et de pêche…

Revêtus de longues chemises blanches ou de peaux de moutons, le visage barbouillés pour ne pas être reconnus, armés de fourches, haches ou de fusils de chasse pour les plus aguerris, ces combattants de l’ombre intervenaient de nuit, pour harceler l’envahisseur avec des tactiques de guérilla, avant de se disperser dans la nature, pour éviter tout affrontement direct avec la troupe. Agressions de gardes, destruction d’abris et de charbonnières sont autant de réponses aux interpellations et autres saisies de bétail. Des renforts sont dépêchés, la violence monte en puissance, la révolte se propage jusqu’en 1832 puis subsistera sporadiquement pendant une quarantaine d’années…

Le temps de marquer les esprits pendant longtemps : plusieurs ouvrages d’auteurs ont été consacré à « la Guerre des Demoiselles » qui a inspiré un film long métrage à Jacques Nichet (1983) tandis que le thème de la résistance aux interdits d’usage étaient repris par les opposants à un projet de Parc National jugé trop contraignant sur le Couserans, à la fin des années 70. Rien à voir avec l’actuel Parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises où l’homme fort heureusement, a trouvé toute sa place aux côtés de l’indispensable préservation de la biodiversité.

Jean Paul Cazes

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